There is something about Marie

There is something about Marie

Note bien que j’aime pas me plaindre, hein.

1 juillet 2009 par Marie

Il est de certaines soirées comme d’un shot de rhum après 30 hectolitres de bière. Tu le redoutes, tu l’approches de tes lèvres en tremblant, tu cèdes à la pression de tes camarades de beuveries qui pioulent « cul sec, cul sec» , il te kalachnikove de l’arrière des incisives à l’envers du plexus et tu finis les genoux de tes collants au carrelage pissé de toilettes de pub. Cette métaphore est toute théorique, bien sûr et si maman vous demande, j’ai lu ça dans un roman d’Hemingway.

Il est donc des soirées dont tu sais pertinemment qu’elles te coinceront pour longtemps au fond de ton trou de déprime, mais tu y cours, Soldat Ryan en froufrous et sandales compensées, en occultant le souvenir encore prégnant de la dernière fête et du type délicat qui t’y avait assuré que tu étais charmante, vraiment, je t’assure ça n’a rien à voir avec toi avec un sourire gêné et s’était précipité, les mains en coupe, vers les nichons de ta meilleure amie.

Vendredi – 20 heures, tu as fait ce que tu pouvais avec ce qu’il reste du corps dont tu te souviens qu’il a éveillé, dans une autre vie, le désir de ceux que tu choisissais, en tentant de ne pas te croiser dans le miroir – la nausée est déjà à marée haute. Ta robe te boudine, ton brushing te pend dans le cou en queues de rat moites, ton maquillage dégouline sous l’action conjuguée de la chaleur et de ton incontinence occulaire chronique. Tu es déjà coincée dans 10 kilomètres d’embouteillages cumulés sur l’autoroute de l’Est quand tu réalises que tu as oublié ton portable sur ton bureau, avec dedans le numéro de téléphone de tes hôtes et le code de la porte d’entrée. S’en fout la mort, avec un peu de chance, un semi-remorque t’aplatira sous le pont de Nogent.

Pas de semi-remorque sous le pont de Nogent. En revanche, d’autres dizaines de milliers de ploucs sur l’avenue de Charonne et pas une place de parking. Tu as déjà raconté cette histoire cent fois, l’errance excentrique dans le quartier, les créneaux ratés, les suppliques adressées au Ciel, les jurons, l’heure qui tourne, l’envie de rentrer se coucher et – au moment où tu désespères, une place qui se libère enfin, très loin de ta destination, mais au diable les ampoules aux pieds.

Pas de portable, donc. Pas de moyen de joindre ceux qui font déjà la fête, au premier étage. Pas la peine d’essayer de persuader les passants que tu ne fais pas le tapin, non plus. Vis ma vie de vieille pute roumaine obèse, jusqu’à ce qu’un autre retardataire te sauve la mise et t’ouvre la porte.

Sur place, des gentils, des drôles, des tendres et de la bière fraîche. Pendant quelques temps, tu oublieras presque combien tu te sens laide, grosse et désadaptée à cet endroit. Tu danseras vaguement, fumeras beaucoup, forceras ton rire, juste ce qu’il faut pour faire illusion. Comme pour la soupe de potiron : les 10 premières cuillères sont une torture, puis tu t’habitues au goût et à la fin du bol, c’est tout juste si tu n’en reprendrais pas un deuxième.

Alors tu t’amuses. Beaucoup. La chenille, la chenille, la chenille, tes amis sont doués pour sécher tes angoisses. Trop, peut-être, parce que, ta garde baissée, tu n’attendais pas l’arrivée du barbu. Bim, off goes la joie de vivre – c’est si labile, ces petites choses. Tu n’auras pas le temps d’imaginer un truc léger et amusant à lui dire, parce qu’il va te snober avec une telle force, que ton quintal et toi vacillerez sur vos talons. Le vent t’aurait décoiffée si tu avais réussi à faire quoi que ce soit avec le balai à frange délavé de javel qui te pousse sur la tête en dépit des lois de la gravité. Qu’as-tu fait de ta dignité et de ton amour propre ? Tu les chercheras plus tard d’un index recourbé loin où le soleil ne brille jamais ; là, il y a trop de témoins.

Plus tard dans la nuit, la foule s’éclaircissant, il ne pourra éviter de te croiser et t’achèvera d’un guilleret : « ah didon, je ne t’avais pas vue, tu es bien la dernière à qui je dis bonsoir, ha ha» . Il ne t’avait pas vue. Tu es une vache dans un couloir, mais il ne t’avait pas vue. Le Ciel protège son ophtalmo.

Bon hé, trop c’est trop, tu décides qu’elle est largement passée, l’heure de rentrer dans ta crypte pour n’en ressortir qu’à la prochaine lunaison. Tu embrasses tes amis et les autres et tu parcours les 42 kilomètres qui te séparent de ta voiture dans le sens inverse. Pieds nus, parce que tu es décédée des pieds il y a déjà longtemps. C’est long 42 kilomètres. D’ailleurs, tu ne pensais pas t’être garée si loin. D’ailleurs, tu étais sure que tu t’étais garée précisément à cet emplacement, désormais vide. Machinalement, tu lèves la tête vers un panneau que tu n ‘avais pas remarqué au crépuscule.

Boulevard de Charonne, on ne peut stationner le samedi entre minuit et 15h30.

Il est de certaines soirées comme d’une perceuse visseuse fichée dans le tendre de ta tempe. Ca fait mal et ça ne sert à rien. Sauf qu’avec la perceuse visseuse, tu ne finis pas pieds nus à la pré-fourrière de la Porte de Bercy, munie d’un chéquier en contre-plaqué et d’une Carte Bleue bloquée ; tu meurs très rapidement et tu t’en trouves fort aise.

 

Des bises,

 

Marie

 

PS : En vrai, Dieu bénisse la copine Rose chérie, Chypoulitzer et sa Douce.

Printemps de chien

12 juin 2009 par Marie

« Tu dois écrire, Marie» , m’a-t’on récemment enjoint. Pas aisé, répondrais-je, quand on la vie sociale d’une moule de bouchot et autant d’humour qu’une verrue sous le pied de Nadine Morano.

« Ecris, même n’importe quoi, ne serait-ce qu’un petit mot, ça te fera du bien» . Alors de une, je ferais signaler que ce qui me ferait du bien, ce serait une quinzaine de semaines de vacances à Honolulu avec le Nathasamère et du personnel de maison. Et de deux, je doute que mon lectorat – difficile s’il en est – se contente d’un lapidaire les anti-dépresseurs m’a tuer tracé d’un doigt sanglant.

Cependant je vous aime plus que la soupe de poisson. Je vous promets donc, dans un avenir proche, de me sortir les doigts du nez et de vous raconter par le menu mes démêlés avec le bon Monsieur Lisier – ça ne s’invente pas – conciliateur des impôts de son état, le redressement fiscal qui a suivi notre dernière mésentente au sujet que je lui devrais soi-disant 5000 euros, sa décision sans appel de faire saisir mon salaire jusqu’à épurement de la dette avec la complicité scandaleuse de mon employeur aux grandes oreilles et vendu au grand capital, la vacuité afférente de mon porte-monnaie qui n’est pas sans rappeler celle de ma vie sexuelle et le décès prématuré de deux de mes dents du fond dans d’atroces souffrances. Mais là, tout de suite, je ne peux pas, j’ai deux ou trois pilules à prendre, des fois qu’il me vienne l’envie de me jeter de mon premier étage.

 

Des bises,

 

Marie

FAQ you

20 avril 2009 par Marie

Ma vie  suit donc le rythme fou des presque rien.

Je m’extasie de pouvoir à nouveau m’attacher les cheveux et désespère de découvrir ainsi ma face de lune.
Je conçois des fiertés sans pareilles à m’acquitter des corvées administratives, sentiment qui ne me pousse pourtant pas à combattre la flemme que j’ai de m’y coller.
Je peine à calmer mes chamades quand sonne un message sur mon téléphone.
Je fais le compte des heures qui me séparent du retour de mon fils.
J’observe la lente agonie du chauffe-eau que le propriétaire refuse de changer et qui n’en finit plus de gronder.
Je m’excite des résolutions soudaines et nocturnes que prends mais dont je sais qu’elles ne survivront pas au petit-jour.
J’oublie mes médicaments, un mot sur trois, ce que je venais chercher dans la cuisine, d’éteindre les lumières, de fermer les robinets et le frigo, de payer le loyer.
J’élabore de savantes théories sur les raisons qui poussent le chat à gratter si fort et si longtemps autour de son plat et je m’amuse comme une folle à l’idée que, si elle continue à forer le carrelage de la sorte, elle atterrira bientôt chez les voisins, me demandant qui d’elle ou d’eux seront les plus surpris – tu reprendras bien un peu de rôti chéri, pan, le rôti a du poil et des pattes.
J’adore n’être jamais aussi drôle que chez mon psy et mon jeu favori consiste à le voir lutter contre le rire, garder sa contenance – puis, subitement, je pleure plus fort qu’une fontaine Wallace et je pille sa boite de kleenex dorés sur tranche à 41 euros les 15 minutes.

Ma question est la suivante, vos noms prénoms et la date dans la marge, je ramasse les copies à la fin de la nuit :

Quand la machine a calé, faute de fuel, comment la fait-on redémarrer à peu de frais ?

Des bises,

 

Marie

Liste 4 – Des choses dont on prend conscience quand on reste enfermée trop longtemps chez soi

8 avril 2009 par Marie

- Moins on en fait, moins l’envie d’en faire se manifeste. C’est une notion de la même famille que plus on dort, plus on dort.

- 57m² en bord de nationale, des programmes télévisés indigents et une masse cérébrale gélatineuse en décomposition ne constituent pas un environnement propice à développer l’imaginaire, à rédiger des posts un peu drôles, ni même à finir les grilles de sudoku niveau 1 – spécial dyscalculie.

- Tetris s’arrête de compter le nombres de lignes à 999 et c’est la seule chose qui vous arrache encore des cris d’indignation. Ou des soupirs, parce que crier, c’est au-dessus de vos forces.

- Quand vous regardez fixement un objet pendant une heure et 50 minutes sans penser à quoique ce soit de vaguement constructif, il arrive qu’il se mette à bouger, mais souvent, c’est à cause des effets secondaires des médicaments. Quand l’objet se met à parler, c’est l’heure de la prise suivante.

- La solitude, ça donne envie de parler au chat, à la machine à laver, à vos cheveux, aux journalistes de France Inter, mais pas de répondre au téléphone. De toute façon, une fois sur deux c’est une dame qui veut vous vendre des double-vitrages et l’autre fois un monsieur qui veut en savoir plus sur votre mutuelle, alors à quoi bon tendre le bras jusqu’au combiné.

- Descendre chercher le courrier représente une expédition comparable à l’ascension du Popocatepetl en tongs. C’est donc parfaitement insurmontable et implacablement remis au lendemain. Ou au surlendemain. En tout cas à plus tard et vous en profiterez pour descendre les poubelles, plutôt à ce moment-là.

- Faire vos courses est inimaginable pour tout un tas de raisons dont c’est trop loin, j’ai trop la flemme et considérant le peu d’enthousiasme que montre la Sécurité Sociale à verser vos indemnités journalières, vous serez obligée de les payer avec un chèque en vrai bois d’arbre. De fait, vous vous nourrirez d’improbables sandwiches pain azyme-vache-qui-rit-miettes-de-thon, ou tout autre relief du placard à victuailles, y compris au petit-déjeuner. Alors votre pyjama vous boudinera odieusement, vous dormirez dans le vieux tisheurte de votre ex, dans lequel vous êtes d’un ridicule achevé, que si le SAMU doit venir vous ranimer, ils prendront des photos et les mettront sur youtube. Mais vous projeter ainsi dans l’avenir est bien trop fatigant.

- L’heure d’été passe comme une lettre à la poste, cette année. Vous n’avez dormi que 20 heures sur 24 au lieu de 21, mais vous vous rattraperez demain, c’est une promesse que vous êtes sure de tenir. Contrairement à celle des poubelles.

- Le paradigme du temps libre est le suivant : quand on travaille et qu’on n’a pas une minute pour soi, on n’en prend même pas la moitié d’une pour faire la liste de toutes les choses agréables qu’on aimerait faire si on en avait le temps. Et du coup, qu’on on l’a, le temps, on ne s’en souvient pas. Et du coup, on le tue en jouant à va-chercher avec le chat. Hyper constructif. Ah, si, vous vous souvenez, maintenant : trier les photos. Mais là, ça vous barbe.

- Vous êtes inquiète pour Lauren Fenmore parce que Sheila Carter a décidé de l’assassiner pour l’empêcher d’épouser Michael Baldwin. Si ça ne tenait qu’à vous, elle se remarierait fissa avec Paul, parce que Michael, tu parles d’une mocheté, mais bon Michael est avocat ça peut servir.

Le simple fait d’élaborer cette liste vous a épuisée, même si la conscience aigüe qu’elle est loin d’être complète vous taraude. Peut-être la terminerez-vous demain, après avoir descendu les poubelles.

Des bises,

Marie

Petit précis de zoo au logis

10 mars 2009 par Marie

Vous me savez toute entière dévouée à votre bien-être et prête à tous les sacrifices pour alléger votre quotidien. Je suis comme qui dirait un peu votre émission de coaching d’M6 à moi toute seule, non ? Non, quand on considère combien je suis naze en amour, pourrie en ménage, affreuse en régimes et zéro pointée en cuisine, certes, mais il n’est pas utile de vous montrer désagréable. Il est cependant un domaine dans lequel je suis un passe de devenir experte : la vie du chat en milieu bipède hostile. Car, comme ceux qui suivent le savent déjà, j’ai un chat. Au terme de neufs longs mois d’une observation mutuelle et intense, il m’est donc possible de vous livrer ces quelques observations.

Le chat, à l’instar du sapin de noël, est un animal à poils caduques (contrairement au mouton qui, comme chacun le sait est un animal à poils laineux, à poils les noeuds, ha ha, ha ha qu’est-ce qu’on se marre les canards).  Il se déparera volontiers de tout ou partie de sa toison au gré de ses pérégrinations dans la maison, mais de préférence dans les trous de votre nez, votre tasse de chocolat ou toute pièce de vêtement noire (89% de votre garde-robe, est-il utile de le préciser). Las, il n’est que peu de choses que vous puissiez faire contre cet état de fait ; le chat est rétif au brossage, au shampoing au minoxidil, voire à l’épilation. Il vous faudra donc apprendre à apprécier les saveurs exotiques des tartines pain-beurre-poils.

Le chat vit la nuit. Ca tombe bien, vous aussi, me direz-vous. C’est un peu plus complexe, vous répondrais-je. En effet, le chat est doté, à la naissance, d’une sorte d’insupportable esprit de contradiction qui lui dicte que quand c’est l’heure de dormir pour vous, c’est l’heure de faire tomber toutes les bouteilles de gel douche dans la baignoire pour lui. Ou de chasser vos orteils. Ou d’opérer, confortablement installé sur votre ventre, une frénétique toilette que vous vous en réveillerez en sursaut persuadé d’être atteint de la forme foudroyante de la maladie de Parkinson. En revanche, quand il sera pour vous l’heure de vous extirper de votre dodo bien chaud, le chat s’étirera langoureusement avec dans le regard, l’air de vous dire « quoiiiiiiiiii, tu te lèèèèèves quand il est si bon d’être couchééééééé ? » et vous aurez envie de le tuer, en songeant qu’il va rester là toute la journée à rinfoute, lui.

Le chat est muni d’armes de nuisance massive. Dans le cadre de ma démonstration, je me dois de diviser ce chapitre (ha ha, ha ha, chat pitre, c’est vraiment de mieux en mieux notre histoire) en plusieurs parties distinctes.

I. Nuisances chimiques :
Le chat est incommodé par la présence non requise (par lui) d’un barbu bavard et barytonant qui accapare le canapé ainsi que l’attention et les nichons de sa maman bipède ? Il larguera sans scrupule ni délai un caca au radon qui ne manquera pas de faire fuir l’intrus. Le chat est outré qu’un nano-bipède bruyant gesticule dans son pré carré et monopolise le temps de sa maman bipède ? Il inondera l’oreiller, ou les chaussures ou les manettes de Wii de l’enfant d’un pipi fumant, odorifère et vengeur.

II. Nuisances sonores :
Le chat n’aime pas la musique. Le chat n’aime pas le silence. Le chat n’aime pas que sa maman bipède parle au téléphone. Le chat n’aime pas les conversations des amis de sa maman bipède. Et le chat aime le signaler par le truchement de miaulements suraigus. Chaque violation de sa tolérance auditive sera donc sanctionnée par son interprétation toute personnelle de l’air de la Reine de La Nuit, jusqu’à cessation de l’infraction et/ou intervention des voisins.

III. Nuisances matérielles et diverses :
Le chat n’a nul besoin de justifier le fait qu’il aime assassiner les plantes vertes. C’est comme ça un point c’est tout, les plantes vertes constituent probablement un danger mortel pour la vie du chat, on l’ignore encore, mais le chat n’aime pas ça. Adoncques, il les déterre, les mâchonne, les fait tomber des étagères, en trimballe les reliefs comme autant de trophées de sa guerre contre les plantes vertes. T’es pas content, c’est le même prix et gare au yucca, semble dire le chat quand vous manifestez votre mécontentement.
Le chat possède – si par hasard le barbu sus-cité était anosmique ou très tolérant aux odeurs de caca nucléaires – une botte secrète (ha ha, ha ha, c’est le chat botté, on atteint des sommets) : le grattage hystérique de litière. Tu refuses de te soumettre, bipède maudit ? Le chat va donc opérer une sorte de ballet furieux lors duquel aucun humain ni aucun meuble ni aucune parcelle de carrelage ne sortira indemne des milliards de petits cailloux blancs enrobés de crotte qu’il enverra voler à grands coups de pattes arrières. Le chat a probablement trop lu Germinal et essaye de reproduire le célèbre coup de grisou à force de forer dans sa caisse.
Le chat est maître dans la technique dite «du trou de cul». Il vous tourne autour depuis plus de 10 minutes, vous laboure les cuisses et vous colle de grands coups de tête dans le menton pour vous signaler – au choix – qu’il a faim, que sa caisse est souillée, qu’il est l’heure de mettre vos orteils à la disposition de son envie de chasser sans que vous daignez lever les yeux de votre ordinateur ? Qu’à cela ne tienne, il vous collera son anus rose pile sous le nez et vous serez bien obligée de le remarquer. Et de vous lever. Et tant que vous êtes debout et sans vous commandez, nettoyez donc sa caisse.
Le chat est muni de griffes rétractiles. Ou pas. En tout cas, il s’en sert beaucoup et souvent. Pour vous soulever la paupière si, passé 6h50 de la nuit vous dormez toujours espèce de feignasse c’est l’heure de manger depuis au moins 10 minutes. Pour fabriquer des rideaux à franges. Pour lacérer les enceintes Böse à mille millions de boulettes. Pour vous parer de milles rayures chatoyantes et sanguinolentes sur la peau de vos bras.

Le chat possède un solide sens de l’humour, mais qu’il ne vous vienne pas l’idée saugrenue de vous moquer de lui, ou il vous en cuira. Riez en le montrant du doigt et à votre prochain passage dans le couloir mal éclairé, le chat se rachètera un honneur en vous égorgeant les mollets. Il vous est en revanche fortement conseillé d’applaudir à ses tentatives de vous dérider les soirs de solitude, quand il parcourt l’appartement avec une de vos chaussettes sales dans la gueule, renversant au passage le vase en Wedgwood hérité de Bonne-Maman. Ou qu’il fout le feu à sa propre queue en frôlant la bougie au chocolat que vous aviez imprudemment allumée dans une vaine tentative de faire disparaître l’odeur de son caca, incendiant au passage les rideaux, le canapé, votre chemise de nuit et vos cheveux (l’odeur de caca laisse en tout cas instantanément place à celle, non moins lacrymogène de chat au chocolat trop cuit). Ou qu’il tombe dans votre bain moussant, toutes griffes dehors et tente d’en sortir en rebondissant sur votre gras du bide (c’est votre faute, vous n’aviez pas songé à installer un panneau indiquant le danger que constitue le fait de sauter sur le rebord mouillé de la baignoire avec élan – on en a vu de plus futés traverser les voies du RER et se plaindre ensuite qu’on ne les avait pas prévenus que c’était juste con). Ou qu’il essaye d’attraper le ballon pendant tout le match France-Galles, perché sur la télé et les deux pattes sur l’écran ne vous permettant de voir de la partie que les chaussettes des joueurs (Alors que vous, ce qui vous intéresse vraiment, c’est leurs shorts).

Le chat n’aime pas les photos. Souvent, il prend des poses absolument kawaï que vous aimeriez trop trop partager avec vos amis de skyblog. Il est là, incarnation de Bastet sur table basse, la queue impeccablement rangée sur ses pattes, les yeux mi-clos de sérénité. Le temps pour vous de vous saisir de votre appareil et de le viser, il tourne les talons et vous n’apercevez plus que son trou de cul. A la tentative suivante, il dort sur le dos, ses petites papattes mignonnes sous le menton, son ventrou tout doux offert aux papouilles. Avant même d’entendre le clic-clac du kodak, il a repris une position parfaitement normale et regarde l’objectif d’un air de poulet devant un couteau, les oreilles à l’horizontale et vous n’avez plus à l’image qu’un chat débile.

Le chat est agile. Quand il fait des huit entre vos pieds alors qu’au bout de chacun de vos bras pendent 12 sacs de courses à 12 tonnes chacun, ou que vous comptez bien arriver jusqu’à la table du dîner avec la casserole débordant de nouilles bouillantes, ou encore que vous vous levez au radar avec la marque de l’oreiller sur la figure, vous ne lui tombez jamais dessus. Il est déjà loin quand vous touchez le sol.

Bref, le chat est une source quotidienne d’émerveillement. Je ne m’en lasse pas.

Cette étude est évidemment loin d’être exhaustive. Il viendra d’autres notes sur le sujet, parce que, je suis au regret de vous l’annoncer, je fais désormais partie des insupportables neuneus qui bloguent sur leur chat.

 

Des bises,

 

Marie

 

PS : Normalement, j’ai inséré dans cette note suffisamment de fois les mots caca, queue et poils pour recevoir la visite via gougoule de tous les tordus de la requête. Une mention spéciale à celui ou celle qui est arrivé ici grâce à un très étonnant «sa fais quoi quant des homme te mette l’aspirateur dans la chatte» (mal, s’il faut absolument répondre)

C’est la foire à mon Q&A

4 mars 2009 par Marie

Ces derniers temps, je vis un peu plus la nuit que le jour. Je vois plusieurs raisons à cela, que je m’en vais te détailler derechef, si tu le veux bien (si tu le veux bien pas aussi, parce que tu fus une majorité à me dire que je suis chez moi ici et que j’y fais ce que je veux il n’y a pas si longtemps).
La première, c’est que je fais dodo principalement toute la journée et que du coup, quand l’heure légale du dorming arrive, j’ai quand même beaucoup moins sommeil. Par ailleurs et dans un souci d’honnêteté du serpent qui se mord la queue – il aurait tort de ne pas en profiter, puisqu’il peut – je pionce toute la journée parce que je veille toute la nuit, ben oui.
La seconde, c’est que la nuit le téléphone ne sonne pas, qu’on ne reçoit pas de message électronique et que c’est parfaitement normal, vu que c’est la nuit. Du coup, ça fait un peu moins mal au cul que tout ce matériel sophistiqué reste désespérément muet. Un peu moins, mais un peu quand même, on n’est pas de bois.
La troisième et dernière, tient à l’action conjuguée de ma forte addiction à me faire peler la peau des pouces au Tetris et mon amour immodéré pour les traitements médicamenteux à effets émétiques.
Bref, tout ça pour dire que la nuit, des fois, c’est long. Surtout en hiver, hein. Alors toi je ne sais pas, mais moi, quand j’ai du temps et qu’il fait trop silence, je me pose tout un tas de questions.

Et là, PAN, j’ouvre en exclusivité la toute nouvelle catégorie de ces colonnes : La Foire aux Questions A la Con.

Je commence piano panier, mais ne te réjouis pas trop vite, c’est juste pour degrossir. La prochaine fois et pour paraphraser mes amis québecquois, ça va chier sur le toit.

 

Mais qu’est-ce qui cloche, chez moi ?

 

Des bises,

Marie

Oyez Oyez : Dans une tentative tant malheureuse que maladroite de réparer une mise en page désastreuse (et là, j’insiste, c’est A CAUSE DE GOZILLA YOU’RE FIRED FOLK) (haha, je m’aime tellement) (oh ça va hé, c’est chez moi ici on a dit), j’ai perdu vos précieux, pétillants et tellement tapropos commentaires. C’est moche. Là, vous ne me voyez pas (hé non, couillons, c’est internet) mais je sanglote frénétiquement (ce qui n’est guère gracieux, je préfère vous avertir). Alors deux choix s’imposent à nous, amis miens : soit on fait comme si cette note était fraîche pondue du jour et on continue à faire les oeufs (» arrête de faire l’oeuf» , disait ma grand-mère quand je lui tapait sur le système) (ayé, vous a fait toutes les petites connexion à vos synapses défaillants, compris la blague, on peut passer à autre chose ?) comme si que rien, soit on se souvient comme si c’était hier de tout ce qu’on avait dit et on se la joue rechauffé (rechauffés, les oeufs c’est quand même pas crocro bon), soit je mets un grand coup de pied dans le bouzin et on estime qu’il est temps de se séparer bons amis avant que mes mots ne dépasse ma pensée (et là, vous faites une blague sur la taille de ma pensée et je vous dis c’est pas la taille qui compte, on se marre bien et on oublie toute cette histoire) (je suis fatiguée, mais FATIGUEE). (Et OUI, ça fait trois options, j’ai jamais dit que j’avais gaulé le Prix Nobel de mathématiques).
C’est vous qui choize, moi j’ai un petit coup de barre là. (Non).
Ah oui tiens, au fait et tant que j’y pense, j’ai donc la réponse à ma question de plus haut : ce qui cloche chez moi c’est (entre autres, merci So, je me souviens précisément de ton commentaire comme de par hasard) que je suis une sorte de polyo du ninternet.

Aligato chocolat (oui, recycler les blagues, c’est aussi développement durable)

12 février 2009 par Marie

Considérant un sujet lambda normalement consitué, de sexe féminin la plupart du temps et n’ayant fait – encore – l’objet d’aucune ablation médicale externe d’aucune sorte et donc affublée de deux protubérances mammaires de taille variable,

Considérant que la variation des proportions de ces organes graisseux est fonction, en dehors de toute intervention de siliconage, de l’alimentation du sujet et que le-dit sujet, toujours à l’exclusion de toute modification chirurgicale ne peut voir la taille de ses ballounes augmenter sans, dans le même temps, opérer un élargissement notoire du gras de son bide,

Considérant qu’on observe chez le sujet féminin une tendance à ne pas se rendre compte ou à délibérément ignorer qu’elle a enflé comme une barrique ces dernières semaines,

Considérant que tout corps plongé dans un liquide, mettons un bain moussant, fait immédiatement sonner le téléphone laissé sur sa base par le corps sus-nommé et étourdi qui ne manquera pas de se précipiter hors de la baignoire complètement nu des fois que ce serait un barbu à l’autre bout de la ligne, désireux de supplier le pardon du corps on ne sait jamais l’espoir fait vivre,

Considérant que le sujet choisi pour l’expérience est déjà très peu habile de sa carcasse quand elle ne risque pas de se fracasser la boite crânienne en glissant sur le carrelage trempé et que la porte de la salle de bain ne soit qu’entr’ouverte,

Considérant que les architectes français n’ont pas encore découvert les bienfaits et l’esthétisme du bouton de porte et qu’il est fréquent qu’il parent ces dernières d’armes potentiellement dangereuses : la poignée pointue en métal,

Notre équipe a mis à jour que la probabilité pour que le gros sujet nu qui sort précipitamment de son bain et tente de passer dans l’interstice minime laissé par la porte à demi fermée (ou à demi ouverte ça dépend du degré d’optimisme du lecteur) ,effectue une auto-résection de son mamelon droit à vif et sans anesthésie est de 99,9%.

En conclusion,

Considérant que toute personne dont la croissance a atteint son terme et plafonnant, le cas échéant, un poil de chat en dessous du mètre soixante se doit, dans le respect des lois de l’équilibre, de ne pas dépasser sa taille en envergure, sous peine de ne plus passer dans les portes mêmes grandement ouvertes, nos recommandations sont de placer tout sujet rassemblant les critères décrits ci-dessus sous diète totale et sévère. De l’eau et de la poussière matin midi et soir, ainsi qu’une grande goulée d’air pur au goûter.

 

Des bises,

 

Marie

 

PS : c’était ma mère au téléphone.

Une bonne leçon de choses

25 janvier 2009 par Marie

Aujourd’hui mes enfants, nous allons étudier ensemble la signification de l’expression « punition immanente» . A cet égard, mes chers petits, je demanderai à deux d’entre vous de se porter volontaire pour jouer les rôles du Nathasamère et de sa maman – oui, alors le petit rondouillard dans le fond et la blonde replette devant, ça fera bien l’affaire.

Mettons-nous donc en situation : Le Nanou et sa mère, confortablement installés dans le canapé, une délicieuse pizza soupe de légumes entre leurs mains grasses blanches ont allumé le poste de télévision afin de se tenir informés des nouvelles du monde. Ce soir, point d’enfant dépecé à Gaaza, pas de massacre à Sderot, plus de famine en Somalie – juste de longs reportages larmoyants, région par région, sur les dégâts causés par la tempête.
Ils se gaussent, les impudents, dans la chaleur de leur doux foyer. Ils ricanent, bien à l’abri du vent et de la pluie.
Cette vieille dame sous respirateur, victime d’une panne d’électricité ? L’insolent enfant grince qu’ils auraient sans doute dû la monter sur pédalier, histoire qu’elle génère sa propre énergie. « Au moins ça fera une place de plus au salon pour regarder ‘Plus Belle La Vie’ quand le courant sera rétabli» .
Celui-là, mort écrasé sous un platane ? L’indigne mère ne pense qu’à faire marrer son fils en tentant de deviner le nombre de fois que le pauvre homme a joué ses allocations chômage au loto avant de perdre la vie à la grande loterie arboricole.

Leur repas terminé, leurs rires éteints, ils vont se coucher, contents encore de n’avoir pas été frappés par les éléments furieux.

A ce stade de notre reconstitution, mes agneaux, j’ai besoin d’un autre volontaire pour incarner, selon les croyances de chacun, le Doigt du Destin, Celui de Dieu ou encore le-Hasard-qui-fait-si-bien-les-choses. Toi, là-bas, la grande rousse à gros nichons, tu seras parfaite pour le rôle.
Ma chérie, cogne un grand coup dans le chauffe-eau de cette famille de salopards. Vas-y. De toutes tes forces. Oui, là, en bas, juste au niveau du robinet de vidange, c’est bien. Blang.

Voilà, mes tous petits, ce qu’on appelle se faire punir violemment avec des tessons de bouteille. Gageons ensemble, mes mignons, que ces deux-là, quand ils auront eu épongé les 2500 litres de flotte – 20 centimètres, les enfants, 20 centimètres ! – sauront se rappeler le sens du mot compassion.

Des bises,

Marie

Lâche tes comms (wesh)

11 janvier 2009 par Marie

J’ai récemment reçu des tas de courriers électroniques des plus assidus d’entre vous m’indiquant pour la plupart qu’on est bien inquiet pour toi la Marie, on compatit, la crise, les vilains amoureux toussa, mais cesse donc un peu de pleurer sur ta laïfe rapport que ça nous fait moyen rigoler et si nous, on se décarcasse la nénette à venir te lire, c’est pas pour apprendre que ta vie l’est trop pourrie vu que la notre aussi, merci.
Les autres voulaient juste me signaler que c’est pas étonnant que tu aies tant de boutons sur le menton, c’est la faute à la barbe du barbu et une certaine SG m’informait que j’avais atteint le montant maximum de mon autorisation de découvert, mais je pense que c’était un spam.

Alors oui, j’en conviens aisément, j’ai une tendance prononcée à l’auto-apitoiement et -poïpoïpoï – je ne me sens jamais si bien que quand je me sens mal. Mais figurez-vous que la vie, mon pauvre ami, c’est pas tous les jours incapacité chronique à évaluer la distance séparant la vitrine de godasses en soldes et mes front et pif, cascades de saut du lit à base de glissades pieds par-dessus tête sur la descente de lit avec fracassage de tempe sur table de nuit, entraînement de saut à skis sans ski dans les escaliers en béton double salto arrière et atterrissage sur les dents, oubli de sac à main sur le toit de la voiture, annonce de largage imminent et intempestif de raclette au salami dans les embouteillages du périphérique intérieur, rencontres inopinées entre la pointe de l’eye liner et le milieu du mouillé de mon oeil, ou marche dans le ca(ca)deau gluant du chat élégamment déposé à la porte des toilettes.
J’aimerais tant vous faire rire au quotidien, rien que d’imaginer le son produit par l’explosion du fond de mon pantalon sous l’effet conjugué du l’abus de raclette au salami et de la position dite du « plie-les-genoux-histoire-de-pas-te-niquer-le-dos-en-ramassant-le-contenu-de-ton-sac-à-main-qu’est-éparpillé-dans-la-gadoue» . Oh oui, j’adorerais.

Voilà donc ce qu’on va faire : GRRRRRRRRRAND SONDAGE ! Et oui, accessoirement aussi, post à pas cher et à gros potentiel de faire durer les commentaires suffisamment longtemps pour ne pas avoir à reposter avant la prochaine équinoxe de printemps, soyons honnête, je suis un poil en berne d’inspiration.

Toi qui as le pouvoir absolu de vie et de mort de ce lieu, dis-moi ce que tu en penses tu seras bien mignon.
Faut-il que je taise mon insupportable propension à répandre ici mes eaux usées de dégorgement d’âme et que je privilégie les reconstitutions de mes divers grands moments de solitude, comme on dit dans la cour intérieur du Lycée Henri Moissan et sur le forum de la Star Ac’ ? Ca te soûle, toi aussi, quand je suis toute chouinchouin ?

Vazy, lâche-toi, mi casa c’est ta casa, ouvre ton coeur, on t’écoutera. Et si tu t’en tamponnes grave le coquillart, ben ne dis rien, va, ça me laissera l’illusion de ma propre importance.

 

Des bises

 

Marie

Reniement, perpetuité et éternel recommencement

23 décembre 2008 par Marie

Ce n’est pas vous que j’aime ou ai aimés. Vous ne m’êtes rien à l’unité – petits morceaux de lui, perdu. J’ai pourtant cru vous aimer. Follement. A chaque fois neuve et pour toujours marquée de son sceau.

L’un me ramène à son infinie tendresse, l’autre à nos rires en écho, lui à ses colères sourdes, toi à l’oeil pur et bleu. Ensemble, vous êtes lui seul et ne l’égalerez pourtant jamais.

Quand vous m’avez quittée, je vous ai pleurés – et je vous pleure encore – mais ne vous méprenez pas, c’est de lui que je manque. Il me manque mes doigts dans ses boucles brunes ; il me manque le poids de son jugement ; il me manque le tapis d’égards qu’il posait sous mes pas incertains ; il me manque le moelleux de son épaule et la fermeté de son bras ; il me manque le frère, l’amant, l’ami ; il me manque la certitude qu’il sera toujours à mon flanc, même absent.

Je vous renie, sans même un regard en arrière. De vous, il ne me reste rien. A peine la désagréable sensation qui persiste après qu’on se fut trompé. Tout juste l’ombre de vos visages, dans le flou de sa lumière. Peut-être encore un soupçon de la cuisante déception que vous ne fûtes que vous.

Je vous aimerai encore, incomplets, insuffisants, imparfaits, qui n’êtes pas lui. J’y croirai encore, dans l’excitation des débuts et l’espoir que vous saurez l’effacer. Vous brillerez un instant, pierre fine face au joyau. Je vous pleurerai encore, méchants, hésitants, absents, qui me quitterez. Vous finirez, comme les autres, par disparaître et vous dissoudre, dans l’amour du suivant. Lui, restera, parce qu’il fut le premier et finalement l’unique.

Je vous interdis de me faire figurer au tableau de vos chasses – vous ne m’avez jamais vraiment eue, puisque je suis sienne. Aucun de vous n’a brisé mon coeur ; il lui appartient toujours.

Et si un soir prochain, au creux de nos étreintes, vous m’entendez pleurer en un souffle que je vous aime, que mes yeux brillent d’un inhabituel éclat et que je crispe mon âme sur ce petit bout d’instant, vous saurez que vous n’y êtes pour rien. C’est lui que je tiendrai entre mes bras et jambes.

Des bises,

Marie

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